Nicolas Noyes Graine d'artiste

Initié à la photographie lors de ses études et aujourd'hui architecte de profession, Nicolas Noyes construit son oeuvre personnelle depuis une quinzaine d’années. Pleinement conscient du monde qui nous entoure, il pose un œil attentif sur la ville et ses acteurs, sur ces formes et ces couleurs qui animent...en savoir plus

Toulouse, France

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Bonjour Nicolas, en préambule, pourriez-vous nous donner votre définition personnelle de la photographie ?

La photographie est un art incontestablement, c’est aussi un média, un vecteur d’informations, d’idées ou pour certains un moyen d’expression. Les définitions sont multiples et propre à chacun. Pour ma part, je ne pourrais définir en quelques lignes ma pratique de la photographie. Je pense qu’elle nourrit et se nourrit de mon histoire. Il n’y a aucune objectivité dans la photographie, tout est question de choix, ceux du photographe. Mes choix, conscients ou non, tendent peut-être plus vers la recherche d’une esthétique et de la captation d’un certain ressenti personnel que du témoignage d’un moment précis.

 

Comment avez-vous découvert l’univers de la photo ?

J’ai commencé à faire des photographies à l’adolescence, avec une pratique intuitive et spontanée. C’est plus tard, lors de mes études que j’ai été véritablement initié à la technique, ce qui a considérablement libéré les possibilités et m’a permis d’expérimenter et développer mon propre chemin.

 

Pourriez-vous nous évoquer une photographie et un artiste qui vous ont particulièrement toucheau influencé?

Le premier photographe qui me vient à l’esprit est Brassaï. Je me souviens avoir été particulièrement captivé devant ses prises de vues de graffitis gravés dans la pierre. Ces clichés de dessins énigmatiques lient la contemporanéité évidente de l’artiste et archétypes primitifs de nos sociétés. J’ai découvert par la suite dans son travail des photographies aux atmosphères saisissantes et des portraits intenses.
Plus récemment, et dans un registre différent, j’ai été interpellé par une photographie de Martin Argyroglo, nommée « Le crayon guidant le peuple ». Cette photo a été prise en Janvier 2015 place de la République à Paris et donne à voir une scène visuellement grandiose. Sujet, personnages, cadrage, contraste … tout est subtilement capté dans ce « Radeau de la Méduse » photographique. Un moment et un regard à eux deux forts et uniques.

 

Diriez-vous que votre formation d’architecte a impacté votre travail photographique?

Ma profession d’architecte est bien sûr un guide photographique. Ma façon de percevoir les espaces et d’en comprendre leur conception, ma sensibilité aux détails indispensables dans mon métier, nourrissent l’œil que je porte sur mon environnement et par conséquent sur ma pratique de la photographie. Cadrage, lumière, perspectives sont les essences de la photographie mais aussi de l’architecture.
Parallèlement, la photographie enrichie mon travail d’architecte : elle impose et entretien une certaine rigueur esthétique unique dans mes projets architecturaux.

 

Y a-t-il un sujet que vous préférez photographier par-dessus tout ?

Mes sujets photographiques sont majoritairement des lieux, des espaces, des paysages.
Le choix des sujets se fait au gré des lieux et terres explorés et bien souvent les prises de vues se font après un temps d’observation, de parcours, d’imprégnation d’un lieu.
Le moment de la photographie vient ensuite pour tenter de capter un ressenti, une atmosphère ou un élément particulier qui a retenu mon attention. L’expérimentation sensorielle m’est essentielle avant de prendre un cliché. C’est peut être pour cela que je ne réalise que très rarement des portraits 🙂

 

Avez-vous des projets photographiques en préparation?

Je travaille en ce moment sur le développement d’une série de photos surréalistes et enchanteuses. Comment l’imaginaire, le costume, la magie peut s’emparer du quotidien au travers de la photographie.

 

De quelle manière créez-vous vos photographies ?

Je me sers de l’existant et laisse mon regard générer des cadrages, et faire des trouvailles. La mise en scène est déjà là, souvent naturellement autour de nous.

 

Quel est votre appareil photographique favori pour créer vos œuvres ?

J’utilise le plus fréquemment un reflex numérique qui permet une indépendance pratique jusqu’au tirage. Les outils informatiques permettent également de faciliter le traitement de l’image sans avoir à passer par le labo.

 

Quel conseil donneriez-vous au photographe débutant que vous étiez il y a quelques années si vous le rencontriez aujourd’hui?

Un conseil que je tache de m’appliquer chaque jour : rester curieux. L’intérêt pour le monde , son environnement proche ou lointain, pour la culture et les cultures, pour les personnes, est, à mon sens, la source la plus importante de l’enrichissement personnel.

 

Un message à transmettre à votre public Artiseeds pour conclure ?

Echangeons, partageons et construisons !